Chroniques d’un rêve enclavé

Ayerdhal
Au Diable Vauvert
384 pages 20 euros

Ayerdhal
Au Diable Vauvert
384 pages 20 euros

Que vient faire un roman de science fiction dans une revue d’ouvrages traitant d’autogestion ? A la croisée de l’anticipation politique et de l’heroic fantasy, Chroniques d’un rêve enclavé, est un ovni dans le monde de la SF puisque les personnages s’effacent derrière la mobilisation et l’auto-organisation collective. Il faut probablement remonter à 1982 avec Nos armes sont de miel de Pelot pour trouver une description de société autogérée (on attend l’avis des experts).

Auteur reconnu de science fiction, Ayerdhal dresse la chronique d’une cité médiévale d’un pays inconnu qui se rebelle contre le pouvoir central et s’organise en autogestion tout en vivant en autarcie. Si il y a tout de même le personnage du Parleur qui joue le rôle de catalyseur, à la fois déclencheur de la révolte mais aussi inspirateur des pratiques autogérées, le livre fait l’effort de gommer le rôle des « leaders » qui sont tous très attachés à s’effacer dès qu’ils ont la moindre opportunité de prendre le pouvoir. Le récit des enjeux qui se pose aux « collinards » et de leurs discussions collectives devient aussi passionnant que les manifestations (non-violentes) qui les opposent au pouvoir.

On pense évidemment à la Commune de Paris, mais le roman pourrait figurer au même titre que l’Utopia de Thomas More comme une illustration d’une autre façon de gérer ensemble la cité et le quotidien. C’est suffisamment rare dans ce genre de littérature pour être souligné. Et en plus, bien troussé, le roman n’a vraiment pas à rougir de la comparaison avec d’autres ouvrages du même genre littéraire. A découvrir.
Si vous avez d’autres références de ce genre, n’hésitez pas !