Les idées reçues sur l’autogestion

Je me disais qu’une FAQ, facilement accessible depuis la page d’accueil, serait pas mal, en premier lieu sur les idées reçues les plus communes concernant l’autogestion, comme si on répondait à un journaliste qui jouerait au con, du genre :

Je me disais qu’une FAQ, facilement accessible depuis la page d’accueil, serait pas mal, en premier lieu sur les idées reçues les plus communes concernant l’autogestion, comme si on répondait à un journaliste qui jouerait au con, du genre :

 autogestion = secte : non, dans une secte il y a un gourou, puis « autogestion » en veut pas dire forcément communauté de vie …

 autogestion = pas de pognon : disons qu’à titre individuel, y’en a moins que si on est patron ou cadre d’une grosse boite. Mais si tout dépend en la matière de la nature de l’activité et des « conditions du marché », le salaire des boites du réseau REPAS sont autour du salaire médian. Ce qui est bien, l’appât du gain, l’envie de parvenir comptant au nombre de nos anti-valeurs.

 autogestion = échec obligé : rappeler les chiffres de faillites des boites normales et des expériences autogestionnaire inoxydables ; rappeler qu’il s’agit d’une aventure humaine et qu’à ce titre elle est faillible mais que rien n’empêche de recommencer ensuite.

 autogestion = ramassis d’attardés névrosés gauchistes impénitents nihilistes : Il y a de tout dans le milieu, des 68tard, des protestants, des anar pur et durs, des gens qui ne comptent pas leurs heures et d’autres qui font ça pour ne pas trop bosser…

 autogestion = artisanat : on peut être super pro de manière coopérative…

 autogestion = copinage : pas facile d’y entrer: oui, autogestion = copinage, on est égaux. Reste le vrai problème de recrutement : les réseaux individuels y sont pour beaucoup, peu de candidatures spontanées, pas facile de venir de « l’extérieur ». pourtant c’est possible, aussi bien de l’organiser dans une petite structure, que d’aller spontanément taper à la porte d’un collectif s’il est incontournable localement.

 coopérative =autogestion : non ! on peut être en SARL et être autogéré, sans compter que le statut coopératif (et le gros des troupes du mouvement scop, à commencer par ses représentants qui ont d’abandonné y’a peu l’objectif « irréaliste », « d’émancipation des travailleurs »…) ne garantit en rien l’absence de chef et de hiérarchie salariale. Les Scop présentent certes en général une échelle de salaire ramassée, garantissent la participation des salariés à la boite, mais s’accommodent très bien de la hiérarchie et des réformes libérales en cours… C’est un très vieux débat : en 1900, déjà, Alfred Picard, commissaire général de l’Exposition universelle de Paris, à laquelle participent les associations ouvrières de production dans un Palais de l’économie sociale, résumait ainsi la diversité des Associations ouvrières de production : « Les unes confinent au collectivisme, d’autres se rapprochent du capitalisme en émettant des actions dont la majorité est possédée par des personnes extérieures à l’association ; à côté d’organismes égalitaires, on trouve des organisations semi-patronales dont le directeur reçoit une rémunération considérable. »
(Aux racines de la CG Scop – Participer n°604, mars-avril 2004)

Cette idée de FAQ vaut elle la peine d’être creusée ?