Pratiques collectives et culture des précédents – L’expérience de dix collectifs du territoire breton

Ce travail de réflexion sur le fonctionnement de dix collectifs autogérés ici et maintenant est trop rare pour ne pas être mentionné.

Ce travail de réflexion sur le fonctionnement de dix collectifs autogérés ici et maintenant est trop rare pour ne pas être mentionné.

Benjamin Roux prévient dés le début : « Ceci n’est pas un écrit universitaire, ceci n’est pas non plus tout à fait le travail d’un chercheur. Cet écrit est avant tout un travail de « mise au propre » d’un temps réflexif personnel sur mes pratiques et sur des pratiques collectives. » Le paradoxe c’est que ce travail risque d’être jugé comme un peu sommaire (et un peu « scolaire ») par les universitaires et un peu trop « universitaire » par ceux qui ne le sont pas. Il faut oublier ces difficultés de lecture éventuelles pour se consacrer aux questions essentielles évoquées dans cet écrit.

Pratiques collectives dans dix collectifs bretons

On survolera donc assez rapidement la première partie « à voir plutôt comme la retranscription et l’analyse d’un journal de bord de mon vécu », sauf intérêt particulier pour ce genre d’exposé, pour regarder plus attentivement ce qui concerne les pratiques collectives dans dix collectifs bretons.

L’auteur montre bien que la structure juridique à choisir, même sans fétichisme du juridique, reste une question importante de tous ces collectifs et qu’il n’y a pas de réponse unique pour tous les projets et définitive dans le temps. Association, de fait ou 1901, coopérative, scop, scic, sapo, sarl ordinaire… chaque projet cherche ce qui lui est le plus approprié, et en change éventuellement au cours de la vie du collectif.

Cette diversité est en partie le reflet de la diversité des types de projet qui peuvent se regrouper dans trois grandes catégories : « vivre autrement », « travailler autrement », « militer autrement ». Ainsi, « vivre autrement » va se traduire plutôt par des associations, de fait ou 1901, voire de SCI, tandis que « travailler autrement » pousse à réfléchir aux statuts de Scop, Scic, Sapo, etc.

Diversité et évolution aussi dans le mode de fonctionnement réel au sein du statut juridique. Gérance, fictive ou réelle ; cogérance, à deux ou plus ; prises de décisions collectives, générales ou au cas par cas ; rotation des tâches ; mode communication interne ; gestion des arrivées et des départs ; leaderships ; crises… L’analyse n’est pas toujours très approfondie et exhaustive, du moins rappelle-t-elle la diversité des situations.

La « culture des précédents »

Il s’agit du sujet qui a le plus motivé la recherche. Pourquoi y a-t-il si peu de « traces » de toutes les expériences qui ont eu lieu depuis des décennies ? Pourquoi tous ces collectifs autogérés se préoccupent-ils si peu de laisser des traces, pour eux-mêmes et pour les autres ? Quelle transmission est-elle possible ? Enfin, quelle démarche pour créer, collecter, élaborer ces traces ?

Encore une fois, on pourra juger ce travail trop rapide, il a l’immense mérite d’exister et d’ouvrir des voies de questionnements et de recherches. Il a aussi le grand mérite de montrer qu’une fois de plus, à moins d’une heure de n’importe où en France (ici c’est Rennes, mais c’est vrai partout), il existe de nombreux exemples d’activités autogérés. Il n’est donc nul besoin d’aller les chercher ailleurs, très loin dans l’espace et dans le temps. L’autogestion, c’est ici et maintenant, facilement, réellement.

En savoir plus :

Le site de Benjamin Roux, Cultivateur de précédents, où vous trouverez notamment le texte « Pratiques collectives et culture des précédents : l’expérience de dix collectifs bretons »